Charte [En construction]

Les Ateliers Décoloniaux Liégeois travaillent en mixité*. Cela signifie que des personnes racisées et blanches échangent ensemble et travaillent sur les enjeux de la (dé)colonisation et le racisme.

Cette mixité peut être enrichissante mais peut également amener des frictions jusqu’à des problèmes plus graves. En effet, nous ne vivons pas la (dé)colonisation et le racisme de la même manière, en fonction si nous sommes une personne racisée* ou blanche*. Des questions, des propos ou des comportements par des personnes non-concernées par le racisme et la colonisation, même sans intention de nuire, peuvent ainsi blesser ou énerver des personnes qui, elles, sont concernées.

Cette mixité, nous la voulons donc la plus sécurisante possibles pour les personnes racisées. Nous ne voulons pas non plus reproduire en notre sein des formes d’oppressions systémiques (racisme, patriarcat, classisme, âgisme, etc.) ni de discriminations.

Voici quelques remarques, conseils et règles à suivre reprise par la charte ci-dessous. Tout en ayant quelques règles générales, elle s’adresse d’abord à des personnes blanches.

Cette charte restera toujours en construction et est un travail collectif. Donnez-nous vos apports pour l’améliorer.

  • Prenez conscience d’où vous vous situez et connaissez vos privilèges. Agissez en fonction de cela.

Par exemple, un homme blanc, est, quoi qu’il fasse, dans une position dominante par rapport à d’autres personnes dans le système actuel. Cette position lui a permis d’accéder à des endroits ou de prendre la parole plus facilement, seulement grâce à son genre et sa couleur de peau. Il ne pourra pas changer ces aspects physiques mais il peut, par contre, modifier son comportement pour ne pas utiliser sa position dominante au détriment d’autres personnes.

  • Écoutez activement les autres. Écoutez pour comprendre et pas uniquement pour répondre.
  • Prêtez attention à vos prises de parole (temps et nombre de fois). Se taire permet parfois à d’autres personnes de prendre la parole. Réfléchissez si ce que vous voulez dire apporte quelque chose de nouveau et si votre avis est pertinent dans la discussion ou l’expérience partagée.
  • Ne parlez pas à la place de et parlez bien en « Je ».
  • Soyez disposé·e à remettre en question vos pratiques et vos propos.
  • Certains moments pourront être propices à l’instruction et à la sensibilisation et d’autres ne s’y prêteront pas pour diverses raisons (manque de temps, répétition avec les autres réunions, etc.). Soyez prêt·e à ce qu’on vous demande de vous taire car ça ne sera pas le moment de rentrer dans un débat.
  • Instruisez-vous également seul·e, en dehors du cadre des Ateliers Décoloniaux Liégeois. C’est d’abord un espace d’échange et de réflexion et non un espace d’apprentissage pour les personnes blanches par des personnes racisées.
  • Ne faites pas taire la parole et les émotions des personnes concernées. Certaines discussions peuvent soulever des émotions fortes, en particulier quand on est directement concerné·e par le sujet de la discussion.
  • N’essayez pas de “calmer” la colère ou une autre émotion chez une personne, surtout si tu n’es pas directement concerné·e par cette situation. Gardez aussi à l’esprit que les personnes victimes d’oppression systémique voient souvent leur parole coupée sous prétexte qu’elles sont trop en colère.
  • Si une personne vous dit être blessée par quelque chose que vous avez fait ou dit, reconnaissez son expérience et excusez-vous, simplement. Ne vous sentez pas attaqué·e, on parle seulement de ce que vous venez de faire ou dire. N’interrompez pas la personne qui vous a interpellé·e pour expliquer votre action. Concentrez-vous plutôt à essayer de comprendre ce qui a heurté l’autre personne.
  • Si vous voyez une personne qui ne respecte pas cette charte, sentez-vous libre de le lui faire remarquer. L’entièreté du groupe est responsable de ce cadre.